lundi 18 juin 2018

Malentendu

Quand Jeannot et moi (+ quelques autres), nous dénonçons la manière dont les systèmes d'enseignement subissent une attraction inertielle incontrôlable vers les faiblesses, nous recommandons une attitude qui viserait à ignorer ces faiblesses, à ne pas les voir, à ne pas les diagnostiquer parce qu'on s'intéresserait d'abord et avant tout à la diversité des talents et des forces qui animent tous les jeunes.  L'institution se concentre sur les carences, sur les manques, au nom d'une norme implicite qui veut que tout le monde puisse exceller dans les matières scolaires et que les éléphants puissent grimper aux arbres. Du coup, l'institution devient une immense entreprise de remédiation faisant appel à toutes sortes de redresseurs, orthophonistes, thérapeuthes et pédagogues  qui, certes, ne punissent plus les handicapés de la scolarisation universelle, mais qui se nourrissent des faiblesses du monde auquel ils ont affaire, et, ce faisant, les renforcent, les perpétuent indéfiniment tout comme Big Pharma profite outrageusement des maladies qu'il prétend guérir.

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