La focalisation des systèmes éducatifs sur les faiblesses a des effets pervers insupportables, car c'est l'individu qui encaisse, qui doit supporter le poids de la stigmatisation et qui, bien évidemment, culpabilise. D'où viennent en effet les "forces" de ceux qui réussissent ? Ces forces sont directement liées à l'insertion dans un réseau : une famille, un milieu, un quartier, un établissement (comme le LEM, par exemple). Nos faiblesses nous isolent face au système éducatif. Elles nous particularisent. Et, bien souvent, à travers l'aide justement, elles nous immobilisent dans une attente résignée. Je noircis le tableau ? Peut-être. Mais il me paraît clair que si le système éducatif ignorait nos faiblesses, il pourrait se diversifier lui-même, se régénérer dans des directions imprévues impulsées par la manière dont ces faiblesses pourraient devenir les atouts d'un dynamisme dissocié des normes qui hiérarchisent l'ordre social. La force vient du collectif, d'une communauté. Elle ne vient jamais du pouvoir d'en haut.
PS. — Nous attendons encore l'acceptation d'un certain nombre des membres de l'ex-CEIP.
PS. — Nous attendons encore l'acceptation d'un certain nombre des membres de l'ex-CEIP.
La communauté est essentielle, parce que de la communauté vient la nécessité, l'utilité, la reconnaissance. Mais il faut pour cela que la communauté soit une vraie communauté locale dont l'existence ne va pas de soi et qui est obligé de déployer ses forces internes pour subsister et pour prospérer. Les écoles sont-elles de telles communautés ?
RépondreSupprimerGénéralement, dans les pays occidentaux, l'enseignement est un monopole d'Etat. C'est l'Etat qui organise les écoles. Au niveau local, il est difficile pour les écoles de s'auto-organiser. C'est pourtant ce qu'elles devraient faire pour former des communautés responsables. Que l'Etat ait un droit de regard sur ce qui se passe dans ces communautés, pourquoi pas ? Mais ce droit devrait être limité aux aspects éventuellement délictueux des comportements : violences, abus sexuels et autres, vandalisme, etc. L'Etat pourrait également maintenir des exigences associées à l'octroi de diplômes nationaux. Mais les écoles devraient avoir la possibilité de créer leurs propres diplômes en liaison avec les spécificités locales de leur environnement immédiat.
RépondreSupprimerLa question de la communauté est essentielle. Dans les systèmes d'éducation centralisées que nous connaissons, les enseignants ne cessent d'être mutés au gré de leur âge et de leurs notations. Aucune communauté, aucune collaboration, aucun échange, aucune constance ne peuvent se créer. Aucune convivialité, aucune confiance, n'ont le temps de se développer dans ces communautés professionnelles en recomposition et en décomposition permanentes.
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